Crash du Spitfire - Mk.Ia - s/n P9388 KL°?
Fiche France-Crashes 39-45 modifiée le 01-08-2020
Date Nation Département Unité - Mission
24-05-1940 Angleterre/Common. Pas-de-Calais 54 Sq Patrouille sur Calais (62)
Localisation Entre Calais et le Cap Gris-Nez
Circonstances Touché par les tirs terrestres d’une colonne de véhicules attaquée, appareil en feu abandonné en parachute vers 17h10
Commentaires Décollage 16h30 de Hornchurch, Essex UK - Il est possible que le crash ait eu lieu le 25/5 (ORB)
Sources Jean-Luc Maillet (sources: spitfires.ukf / www.conscript-heroes.com) / Nat Archives UK (WO208 et ORB)
Historique 25/05/2012=Création - 01/08/2020=Ajout rapport,comm av
Grade Prenom Nom Poste Corps Etat Lieu d'Inhumation Commentaires
Sgt James William Bristowe Phillips Pil RAF Evadé 47878 – 29 ans – Fils de William Alexander et Muriel Alice Phillips - Jambe cassée à l'atterrissage, hospitalisé - Evasion par Pyrénées (mars 41)/Espagne (passe par la prison Miranda)/Gibraltar - Retour UK 14/05/1941 - Rapport d'évasion WO 208/3303/283 – Décède en service le 25/03/1942 (raisons inconnues)
Fiche tech Correspondance grades Abréviations utilisées Filières d'évasion Camps de Pow Bases RAF/USAAF Utilitaires

Résumé du rapport d’évasion WO 208/3303/283 par J-L Maillet (source: Archives Nationales de Kew):
Parcours

A la date du 24 mai, des troupes franco-britanniques sont retranchées dans un périmètre défensif autour de Calais (capitulation le 27 mai). Elles bénéficient de l’appui de bâtiments de la Royal Navy, de la RAF et des défenses côtières de la ville.
Dans le cadre de cet appui, Phillips est abattu par la flak entre Calais et le cap Gris-Nez et immédiatement fait prisonnier. Il est conduit à Desvres (2 nuits) puis à Boulogne dans un hôpital français (2 nuits) puis anglais (4 nuits) et enfin - le 1e juin - dans un hôpital à Camiers (jambe cassée dans la chute en parachute) « les allemands m’ont traité correctement dans la mesure où ils ont fait tout ce qu'ils pouvaient pour ma jambe ». L’hôpital de campagne de Camiers est placé sous la responsabilité du Royal Army Medical Corps (RAMC) sans réelle intervention ni surveillance des troupes allemandes.
(ndlr : Convention de Genève - 1929 - Art 1 : le belligérant, obligé d'abandonner des blessés ou des malades à son adversaire, laissera avec eux, autant que les exigences militaires le permettront, une partie de son personnel et de son matériel sanitaires pour contribuer à les soigner)
Phillips ne donne pas de date, mais après un séjour de six semaines à Camiers, donc à la mi-juillet, selon les allemands qui auraient reçu des tracts lancés par la RAF, Camiers serait la cible de bombardement et l’hôpital doit être évacué, moitié sur Lille, moitié en Belgique. Phillips pense plutôt que l’occupant veut utiliser le site pour installer des pièces d’artillerie et éloigner de la côte toute présence anglaise.
Phillips se retrouve ainsi à Lille à la faculté Jean d’Arc (sic) transformée en hôpital toujours sous la direction d’un colonel du RAMC. Là aussi pas d’ingérence allemande mais la présence de sentinelles autour des locaux. Les patients sont avertis par la direction du RAMC que les tentatives d’évasion ne seront pas tolérées et qu’une surveillance de la part du personnel soignant sera mise en place. Phillips rapporte qu’on leur avait alors affirmé que deux fugitifs avaient déjà été abattus. Il apprit d’ailleurs par la suite que son nom et celui de Treacy (fiche N+5323) avaient aussi circulé comme exemples pour décourager d’éventuelles tentatives.
Phillips développe ensuite le problème du ravitaillement en nourriture pendant son séjour à l’hôpital. La nourriture provient des rations distribuées par les allemands et de produits issus de collectes auprès de la population au bénéfice des patients. Or la distribution est si mal organisée qu’il y a du gaspillage. Il dénonce aussi les agissements du personnel RAMC qui, en plus de pouvoir acheter des produits en ville, puise abusivement dans la nourriture offerte par la population.
Comme le public peut entrer dans l’hôpital, Phillips décide de prendre contact avec l’un des visiteurs pour organiser son évasion. Il écrit son nom sur un bout de papier qu’il jette à l’extérieur. Une dame lui répond quelque temps après dans un courrier transmis par une religieuse et l’informe qu’elle est disposée à l’aider. Travaillant dans le service de répartition de la nourriture, il réussit à se confectionner des vêtements à partir de morceaux d’habits qui enveloppent la nourriture apportée par la population. Les allemands ont introduit parmi les patients des mouchards dont la mission est de décourager toute velléité d’évasion. La surveillance par le personnel RAMC reste pesante.
Le 27 août, après avoir convenu d’un rendez-vous avec son contact, il emprunte une porte isolée qui donne sur des jardins et croise … une sentinelle allemande qui le laisse passer. Un homme l’attend dehors avec un tandem. Caché dans une maison de Lille, le moyen d’exfiltration vers l’Angleterre reste crucial. Il abandonne l’idée de s’emparer d’un avion allemand sur un aérodrome. Sa récupération par un sous-marin sur la côte est une chimère qui circule aussi. Pendant près de cinq mois (de septembre à Janvier 1941) rien ne se passe. Il décide donc de partir vers le sud de la France.
Le 17 janvier 1941 , avec une fausse carte d’identité délivrée par la mairie de Lille, accompagné d’un jeune français, il prend le train pour Montescourt-Lizerolles, Aisne (1). Premier arrêt et obstacle, le franchissement de la ligne qui sépare la zone dite interdite (départements du Nord et du Pas-de-Calais) du reste de la France occupée. Le passage a lieu à Jussy (une quinzaine de km au sud de Saint Quentin) où ils sont accueillis dans une ferme pour y passer la nuit. Le lendemain, direction Chauny à pied - une dizaine de km - où ils prennent le train pour Paris. Il note que, dans la capitale, tous les magasins sont ouverts mais qu’il n’y a rien à y acheter.
De la gare d’Austerlitz, direction Tours et, le lendemain Bléré (Indre-et-Loire à une vingtaine de km à l’est de Tours) pour franchir la ligne de démarcation qui suit le cours du Cher.
Dans un café de Bléré, deux gendarmes signalent aux personnes présentes voulant évidemment passer la ligne qu’il est inutile de faire appel à des guides car on peut la franchir assez facilement à la tombée de la nuit, faire simplement attention aux patrouilles allemandes.
Les deux hommes la franchissent sans encombre soumis seulement à quelques questions des gardes du côté France de Vichy. De là, direction Loches à pied puis Châteauroux par le train où ils passent la nuit à l’hôtel. Etapes suivantes toujours en train : Montpellier puis Marseille, plaque tournante des passages vers l’Espagne.
Le 20 mars, Perpignan en train puis le Boulou & Maureillas-las-Illas en car. La frontière espagnole est franchie dans la région du col du Perthus. Arrivé à Figueras, il est arrêté par la Garde Civile et incarcéré pendant 2 semaines. Une lettre au consul britannique reste sans réponse. Envoyé à Cervera (17 jours) - Saragosse (9 jours) et le camp de Miranda - 10 semaines. Puis c’est Gibraltar.
(ndlr : le décompte des durées d’incarcération dans ses différentes étapes en Espagne - plus de 3 mois et demi ne colle pas avec les dates de mars à mai)
Retour UK le 14 mai 1941 par vol Gibraltar - Base pour hydravions de la RAF située près de Plymouth, Devon UKMount Batten en hydravion
Short Sunderland - Photo fr.wikimédia.org
Short Sunderland
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(1) ce jeune résistant de 19 ans est Roland Lepers du réseau Pat O’Leary, ( voir fiche n°5534) qui va le conduire jusqu’à Marseille puis l’accompagner sur la frontière espagnole.

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