ANNEXE AVRO LANCASTER ND965 - FICHE 9076


Traduction E&E Report du F/Lt Boddington - ( I was in a Lancaster which was detailed to attack the railway junction and railway yards East of Nantes (0.0755) on the night 11/12 Jun 44. In the target area cloud tops were at approximately 6000 feet. The master bomber aircraft ordered us to break cloud, which we did at 2000 feet immediately over the target. We were too late to bomb on the first run and in orbiting the target our aircraft was hit by very concentrated light flak. The rear gunner reported the aircraft on fire. I grabbed the fire extinguisher, but on looking back, I saw the aircraft was burning fiercely amidships. The pilot ordered us to abandon the aircraft. I jumped after the flight engineer at 1500 feet, my parachute opening immediately. I saw no other parachute on my way down. I landed unhirt on soft ground in a vineyard and buried my parachute and mae-west. I started moving S.W. having orientated myself by the fires in the target. I walked about 100 yards and found myself on the edge of an aerodrome - I saw a plane right in front of me. I retraced my steps, and took out my escape kit and compass. I decided to head towards the East. I continued walking in an Easterly direction for about an hour. I decided to hide up until first light and crawled into thick undergrowth for the rest of the night. As I knew I was south of the town of Nantes I decided to continue east for a short time and then made for the S.E. My intention being to reach the Spanish border. I seemed to be wasting a lot of time in cercling large villages and although in uniform I eventually decided to walk trhough a village rather than lose time in tryong to avoid it. My intention being to put as much ground between me and the scene of the previous night's raid as possible. I had lost all sense of time as my watch had boken in my jump from the aircraft the night before. I was walking down a bridle path which headed S.W. when two German soldiers stepped out of the hedge. I actually knocked into one of them, I said "bonjour Monsieur", stopped foe a moment as if I had lost my way and turned back, retracing my steps down the bridle path. A youth on a cycle passed me and then repassed me slowly, he said "Anglais", and I said "Oui". He said "Vite - vite Allemands".Original) - (3348/78 – Partie I - source : National Archives UK – Traduit par Ph Laroyenne):
J'étais dans un Lancaster qui a été détaché pour attaquer la jonction ferroviaire et les gares de triage à l'Est de Nantes (0.0755) dans la nuit du 11 au 12 juin 44.
Dans la zone cible, les sommets des nuages étaient à environ 6000 pieds. Le maître bombardier nous a ordonné de briser les nuages, ce que nous avons fait à 2000 pieds immédiatement au-dessus de la cible. Nous sommes arrivés trop tard pour bombarder lors du premier passage et en orbite autour de la cible, notre avion a été touché par une flak légère très concentrée.
Le mitrailleur arrière a signalé que l'avion était en feu. J'ai attrapé l'extincteur, mais en me retournant, j'ai vu que l'avion brûlait violemment au milieu. Le pilote nous a ordonné d'abandonner l'avion. J'ai sauté après le mécanicien navigant à 1500 pieds, mon parachute s'ouvrant immédiatement. Je n'ai vu aucun autre parachute en descendant. J'ai atterri indemne sur un sol meuble dans un vignoble et j'ai enterré mon parachute et ma Gilet de sauvetage gonflable (du nom de Mary 'Mae' West au buste généreux) Mae West. J'ai commencé à me déplacer en direction du S-O après m'être orienté grâce aux feux dans la cible.
J'ai marché environ 100 mètres et je me suis retrouvé au bord d'un aérodrome - j'ai vu un avion juste devant moi. Je suis revenu sur mes pas et j'ai sorti ma trousse de secours et ma boussole. J'ai décidé de me diriger vers l'Est. J'ai continué à marcher en direction de l'Est pendant environ une heure. J'ai décidé de me cacher jusqu'à l'aube et j'ai rampé dans un sous-bois épais pour le reste de la nuit. Comme je savais que j'étais au sud de la ville de Nantes, j'ai décidé de continuer vers l'est pendant une courte période, puis j'ai pris la direction du S-E. Mon intention étant d'atteindre la frontière espagnole. J'avais l'impression de perdre beaucoup de temps à faire le tour des grands villages et bien qu'en uniforme j'ai finalement décidé de traverser un village plutôt que de perdre du temps à essayer de l'éviter. Mon intention étant de mettre le plus de terrain possible entre moi et la scène du raid de la nuit précédente. J'avais perdu toute notion du temps car ma montre s'était arrétée lors de mon saut de l'avion la nuit précédente.
Je descendais une allée cavalière qui se dirigeait vers le S-O lorsque deux soldats allemands sont sortis de la haie. En fait, j'ai percuté l'un d'eux, j'ai dit "bonjour Monsieur", je me suis arrêté un instant comme si je m'étais égaré et j'ai fait demi-tour, revenant sur mes pas le long de l'allée cavalière. Un jeune à vélo m'a dépassé puis repassé lentement, il a dit "Anglais ?", et j'ai dit "Oui". Il a dit "Vite - vite Allemands".
Traduction E&E Report du F/Lt Boddington - ( I kept my pace however until I had gone approximately 600 yards when I heard firing and bullets whistled past me. I then started to run almost immediately came to a turning on the left. I took this turning which screened me from the guards and looking round I saw that they were looking for me and shouting. I got behind a hedge which bordered the road I had turned into. I continued running for about two miles, before I came to a farmhouse. I looked round this farm to see if any Germans were billeted there and eventually crossed the farmyard and set down on the far side, waiting foe the French people who were near a barn in the yard to approach me. This they did, they pointed to my uniform and asked "Anglais ?". When I said yes they assured me by their gestures, that I was among friends. They gave me coffee and also dressed me in civilian clothes. From this point my journey was arranged for me. Flash : Fortress aircraft reported shot down near Nantes 14 Jun 44 (?). 2 L/t. O'Brian and S/Sgt. Zien known to have baled out though they both may have since been killed. I never knew the name of the family who gave me civilian clothes. They decided very quickly that I should be taken, by a man who was present, to his nearby farm. This he did, and that same afternoon went into Nantes on foot. Our destination was his sister's address, which I do not know. His instructions were for me to follow him at a distance of 200 yards. We reached his sister's house at about 1600 hrs. Her name was Marguerite. She was about 60 years old, short and very active, but not a member of the Resistance group. She told me that I was to ask none of their names and if I heard them mentioned to forget them, and never divulge them. She examined my identity papers and discs. She seemed satisfied but said that she was sending for English-speaking friends shortly. I was then taken to an address in Chanteny - on the outskirts WSW of Nantes. Here I slept for 2 - 3 hours. On waking another woman had arrived who spoke fair English. Marguerite also arrived with a suit of clothes. The clothes I had received earlier in the day being peasant's clothes and unsuitable foe Nantes. I returned with Marguerite to her house where, later in the evening, I met a couple who spoke good english. I was asked what my plans were and I replied that I was looking for someone who could help me to reach the spanish border. They said they knew no one, but told me I would have to hide with the Maquis. Original) - (3348/78 – Partie II - source : National Archives UK – Traduit par Ph Laroyenne):
J'ai cependant maintenu mon rythme jusqu'à ce que j'ai parcouru environ 600 mètres lorsque j'ai entendu des tirs et des balles siffler devant moi. J'ai alors commencé à courir presque aussitôt et suis arrivé à un virage à gauche. J'ai pris ce tournant qui me mettait à l'abri des gardes et en me retournant j'ai vu qu'ils me cherchaient et criaient. Je suis passé derrière une haie qui bordait la route dans laquelle j'avais tourné. J'ai continué à courir pendant environ deux milles, avant d'arriver à une ferme. J'ai regardé autour de cette ferme pour voir si aucun Allemand n'y était cantonné et j'ai finalement traversé la cour de la ferme et je me suis assis de l'autre côté, attendant que les Français qui se trouvaient près d'une grange dans la cour m'approchent. Ce qu'ils ont fait, ils ont regardé mon uniforme et m'ont demandé "Anglais ?". Quand j'ai dit oui, ils m'ont assuré par leurs gestes, que j'étais entre amis. Ils m'ont donné du café et m'ont aussi habillé en civil. À partir de ce moment, mon voyage a été organisé pour moi.
Flash : Avion Fortress signalé abattu près de Nantes le 14 juin 44 (?). 2L/t. O'Brian et S/Sgt. Zien sont connus pour s'être enfui bien qu'ils aient tous les deux été tués depuis.
APPENDIX - Je n'ai jamais su le nom de la famille qui m'a donné des vêtements civils. Ils décidèrent très vite que je serai conduit, par un homme présent, dans sa ferme voisine. Ce qu'il fit, et le même après-midi il se rendit à pied à Nantes. Notre destination était l'adresse de sa sœur, que je ne connais pas. Ses instructions étaient que je le suive à une distance de 200 mètres.
Nous sommes arrivés chez sa sœur vers 16 heures. Elle s'appelait Marguerite. Elle avait environ 60 ans, petite et très active, mais n'était pas membre du groupe de la Résistance. Elle m'a dit que je ne devais demander aucun de leurs noms et si j'en entendais parler, de les oublier et de ne jamais les divulguer. Elle a examiné mes papiers d'identité et mes plaques d’identification. Elle parut satisfaite mais dit qu'elle enverrait bientôt chercher des amis anglophones.
J'ai ensuite été emmené à une adresse à Chanteny - à la périphérie O-S-O de Nantes. Ici, j'ai dormi pendant 2 à 3 heures. Au réveil, une autre femme était arrivée qui parlait un anglais correct. Marguerite est également arrivée avec un costume. Les vêtements que j'avais reçus plus tôt dans la journée étant des vêtements de paysan et inadaptés à Nantes. Je suis retourné avec Marguerite chez elle où, plus tard dans la soirée, j'ai rencontré un couple qui parlait bien anglais.
On m'a demandé quels étaient mes plans et j'ai répondu que je cherchais quelqu'un qui pourrait m'aider à atteindre la frontière espagnole. Ils ont dit qu'ils ne connaissaient personne, mais m'ont dit que je devais me cacher avec le maquis.
Traduction E&E Report du F/Lt Boddington - ( Later that evening a member of the Defense Passive arrived ; he examined my papers again. When he appeared quite satisfied with them, he shook hands with me saying "Camerade". His name was Georges - 21 years old, 1,75 m in height, thick set, well developed and fair. Marguerite was under the impression that Georges was a member of the Maquis, whereas in actual fact he was Resistance. I spent the night of 12/13 jun at Marguerite's house. Georges called the following morning and the three of us went to an appointed meeting place where we met a man with two bicycles who was called "Kiki". I saw his papers later and his name was Konstanz Koweax (the latter is phonetic spelling). He was a frenchman of Polish extraction, and a member of the Resistance. I gathered he spoke German, polish and french fluently. He was 40 years old ; 1,73 m in height, and was an electrician by trade. He worked in an arsenal (N.9353) opposite Indre on the Loire. His address was 6 rue Joseph, Cahet, Haute Indre. I went to this address with "Kiki" on bicycles. Here again my papers were examined and he showed me his credentials. He took me one of my passport photos, showing the right profil. Kiki again reitared the need for security with regards to any names I heard whilst with the Resistance - these were only to be divulged to Allied Intelligence. I stayed to this house for three days. During this time I met Louis who was 23 years old, short, fair, and a Resistance man. He worked under Kiki with Georges. . I also met the head of the Resistance in this area, whose name I do not know, he was a ex-Army Captain aged about 55, thin, greying hair, 1,60 m, with a "weatherbeaten" face. I also met Henri about 30 years old, 1,73 m, and of medium build, dark, and a fisherman by trade. Whilst with Kiki I was well looked after and always carried a GMM automatic revolver with me.
On the third day (16 jun) Henri took me to his boat. This was a large type of dinghy with a mast and auxiliary motor. It was moored at Indre (N 9654). In it we went to the Isle Sardine at a point approximately N 8260. The map does not appear to show this island correctly. I stayed on this island for five days, sleeping and spending most of the time in a small cow-byre near the river. I gathered that I was moved here while my helpers decided what they should do with me.
Original
) - (3348/78 – APPENDIX - Partie III - source : National Archives UK – Traduit par Ph Laroyenne):
Plus tard dans la soirée, un membre de la Défense passive est arrivé ; il a revu mes papiers. Quand il est apparu tout à fait satisfait d'eux, il m'a serré la main en disant "Camerade". Il s'appelait Georges - 21 ans, 1,75 m, trapu, bien développé et blond. Marguerite avait l'impression que Georges était maquisard alors qu'en réalité il était résistant.
J'ai passé la nuit du 12/13 juin chez Marguerite. Georges a appelé le lendemain matin et nous sommes allés tous les trois à un lieu de rendez-vous où nous avons rencontré un homme avec deux vélos qui s'appelait "Kiki". J'ai vu ses papiers plus tard et son nom était Konstanz Koweax (ce dernier est l'orthographe phonétique). C'était un Français d'origine polonaise, et un membre de la Résistance. J'ai compris qu'il parlait couramment l'allemand, le polonais et le français. Il avait 40 ans ; 1,73 m, et était électricien de métier. Il travailla dans un arsenal (N.9353) face à Indre. Son adresse était 6 rue Joseph, Cahet, Haute Indre. [En fait il s’agit de Casimir Victor Kowalski, 6 rue Joseph Tahet, Haute-Indre, Loire-Atlantique] (N 9754). Je suis allé à cette adresse avec "Kiki" à vélo. Là encore, mes papiers ont été examinés et il m'a montré ses papiers. Il m'a pris une de mes photos de passeport, montrant le bon profil. Kiki a de nouveau réitéré le besoin de sécurité en ce qui concerne tous les noms que j'ai entendu pendant que j'étais avec la Résistance - ceux-ci ne devaient être divulgués qu'aux renseignements alliés.
Je suis resté dans cette maison pendant trois jours. C'est à cette époque que j'ai rencontré Louis qui avait 23 ans, petit, blond et résistant. Il a travaillé sous Kiki avec Georges. J'ai aussi rencontré le chef de la Résistance dans ce quartier, dont je ne connais pas le nom, c'était un ancien Capitaine de l'Armée d'environ 55 ans, cheveux fins et grisonnants, 1,60 m, avec un visage "battu par les intempéries". J'ai aussi rencontré Henri, 30 ans environ, 1,73 m, et de corpulence moyenne, brun, et pêcheur de métier. Pendant que j'étais avec Kiki, j'étais bien soigné et j'avais toujours sur moi un revolver automatique GMM.
Le troisième jour (16 juin) Henri m'a emmené sur son bateau. C'était un grand type de dériveur avec un mât et un moteur auxiliaire. Il était amarré à Indre (N 9654). Nous sommes allés à l'île Sardine à un point approximativement N 8260. La carte ne semble pas montrer correctement cette île. Je suis resté cinq jours sur cette île, dormant et passant la plupart du temps dans une petite étable près de la rivière. J'ai compris que j'avais été déplacé ici pendant que mes assistants décidaient de ce qu'ils devaient faire de moi.
Traduction E&E Report du F/Lt Boddington - ( We had taken food with us and also a large eiderdown on which I was to sleep. I was brought further food during the five days by Kiki and Henri. On 19 Jun I asked Kiki again what his plans were. He told me I was to be taken to the Maquis south of Nantes. I told him I did not want to do this and again asked about the possibilities of Spain : he said this route had been tightened up very much by the Germans ; I then suggested heading north in order to cross the lines. This he said was impossible. I also suggested my leaving by boat from the cost south of St Nazaire which was an area reported comparitively undefended. He said this would be hopeless now, after the opening of the second front , apart from the presence of naval patrols. He stated that the best route appeared to be through Paris and the Pas de Calais area from where I might be evacuated by sea. He was, however, awaiting informationfrom his chief re the latter plan and meanwhile I was to wait with the Maquis south of Nantes. Further, Kiki stated that an american fortress had crashed in the vicinity of Nantes and that the Germans were carrying out a search in the village West of Nantes on the banks of the Loire. Kiki also informed me that he had contacted Sgt Harrowing who was with the Maquis, and F/O Warmington who was at a farm near Le Pellerin (N 9154). This decided me to move to the Maquis.
On the morning of 21 Jun Henri came in the boat at 0100 hrs and took me back to Kiki's house in Haute Indre in the night, rowing the whole way, which was about 12 miles. That afternoon after lunch I was taken by Louis on a bicycle through Nantes and across the river to a small Maquis in a village called Lyon d'Or (not shown on map) which near Rocheserviere (O 0724). I returned Kiki's revolver to Louis before parting from him. Here I met Sgt Harrowing and about 30 members of the Maquis. The Maquis was in a wood with thick undergrowth and well hidden. Armed guards were placed on all tracks, but approaching the centre of the wood I was surprised to see a large Free French flag flying. This flag was not visible from the air, although anyone passing rear would be bound to see it. I pointed this out to the leader, an ex-army offficer, Lieut Gavroche, approximately 25 years old, slight, with thinning brown hair, who said it was good for morale, and would not mouve it to a lose conspicuous position. I would like to add that most of the members of this Maquis were very young, the average age being about 20. Sgt Harrowing warned me that these boys had no knowledge of firearms and carried their arme loaded and cocked at the ready. Harrowing had been with the Maquis since 13 Jun.
Original
) - (3348/78 – APPENDIX - Partie IV - source : National Archives UK – Traduit par Ph Laroyenne):
Nous avions emporté de la nourriture avec nous et aussi un grand édredon sur lequel je devais dormir. Il avait été amené à manger pendant les cinq jours par Kiki et Henri. Le 19 juin, j'ai de nouveau demandé à Kiki quels étaient ses projets. Il m'a dit qu'on allait m'emmener au Maquis au sud de Nantes. Je lui ai dit que je ne voulais pas faire cela et j'ai de nouveau demandé quelles étaient les possibilités pour l'Espagne : il a dit que cette route avait été très surveillée par les Allemands ; j'ai alors proposé de me diriger vers le nord afin de franchir les lignes. Ce qu'il a dit impossible. J'ai également suggéré que je parte en bateau depuis la côte sud de St Nazaire qui était une zone signalée relativement non défendue. Il a dit ceci serait sans espoir maintenant, après l'ouverture du deuxième front, à cause de la présence de patrouilles navales. Il a déclaré que le meilleur itinéraire semblait passer par Paris et le Pas de Calais d'où je pourrais être évacué par voie maritime. Il attendait cependant des informations de son chef sur ce dernier plan et, en attendant, je devais attendre avec le maquis au sud de Nantes. Plus loin, Kiki a déclaré qu'une forteresse américaine s'était écrasée dans les environs de Nantes et que les Allemands menaient une perquisition dans le village à l'ouest de Nantes sur les bords de la Loire. Kiki m'a également informé qu'il avait contacté le Sgt Harrowing qui était avec le Maquis, et le F/O Warmington qui était dans une ferme près de Le Pellerin (N 9154). Cela m'a décidé à m'installer au Maquis.
Le matin du 21 juin, Henri est venu dans le bateau à 01h00 et m'a ramené dans la maison de Kiki dans la Haute Indre dans la nuit, ramant tout le trajet, soit environ 12 milles. Cet après-midi après le déjeuner, je fus emmené par Louis à bicyclette à travers Nantes et de l'autre côté de la rivière jusqu'à un petit maquis dans un village appelé Lyon d'Or (non indiqué sur la carte) qui se trouve près de Rocheservière (O 0724). J'ai rendu le revolver de Kiki à Louis avant de me séparer de lui.
Ici, j'ai rencontré le Sgt Harrowing et une trentaine de maquisards. Le Maquis était dans un bois au sous-bois épais et bien caché. Des gardes armés ont été placés sur toutes les pistes, mais en approchant du centre du bois, j'ai été surpris de voir flotter un grand drapeau français libre. Ce drapeau n'était pas visible de l'air, bien que toute personne passant à l'arrière serait obligée de le voir. Je l'ai signalé au chef, un ancien officier de l'armée, le lieutenant Gavroche, environ 25 ans, menu, cheveux châtains clairsemés, qui disait que c'était bon pour le moral, et qu'il ne voulait pas le masquer. Je voudrais ajouter que la plupart des membres de ce maquis était très jeune, la moyenne d'âge étant d'environ 20 ans. Le Sgt Harrowing m'a averti que ces garçons n'avaient aucune connaissance des armes à feu et portaient leur arme chargée et armée à la main. Harrowing était au maquis depuis le 13 juin.
Traduction E&E Report du F/Lt Boddington - ( We stayed with the maquis for two days. During this time four older maquis's members came in from a mission which consisted in distributing leaf-lets in the Bougenais A/D area. They had driven on to the aerodrome at night by mistake and had been challenged by a sentry. They had kill the sentry and also an officer who had come out. They had abandoned the car they were in and had made their way back to this centre on foot. On the evening of 22 Jun the leader of the resistance south of Nantes arrived. I do not know his name but he was about 45 years old, approximately 1,73 m, well built, red faced, with sandy coloured hair. He appeared to be a very active member. He ordered the flag to be taken down, and stopped the boys from everlastingly pointing a loaded and cocked firearm at each other and saying, "Boom Boom", (which pleased me considerably). Next morning the camp was struck. We were to move south for about 20 kms. The head of the resistance had decided this owing to the proximity of the incident at the aerodrome. Before moving that evening, two Frenchmen arrived with instructions for Harrowing and myself to move to Le Pellerin (N 9153). This we did on bicycles, though Harrowing had no papers. I had however, sent one of Harrowing's photos back to Kiki with Louis asking for papers to be sent as soon as possible. On our way we stopped for a drink at a house in St Philbert de Grand Lieu. We met a young man, the son of the house, whose name I do not know. He is a very good type, about 25 years old, 1,75 m, well built and dark. He is a very keen cyclist and owns the cafe de Velo in St. Philbert. We reached Le Pellerin at about 2330 hrs and were taken to a large three storey house on the river front. The back of the house was offices. Here we met the owner and his wife, two daughters and a maid. The elder daughter was calling Queline which I took to be a diminutive for Jacqueline. She spoke English and German well. We was a medical student from Paris, aged about 20, medium height, plump with brown hair. We were warned by her that, in the event of an air raid, German officers were able to come into the house. We were, therefore, shown where to hide should this occur. She stated that she had been succesful in obtaining useful information from the Germans as she was friendly with them. She was definitely Resistance. he sister was 16 years old, and these two girls always went about together. After an air raid their habit was to go out on bicycles trying to find out if any airmen were hiding up in the vicinity in order to help them.Original) - (3348/78 – Partie V - source : National Archives UK – Traduit par Ph Laroyenne):
Nous sommes restés au maquis pendant deux jours. Pendant ce temps, quatre membres plus âgés du maquis sont arrivés d'une mission qui consistait à distribuer des tracts dans la zone A/D de Bougenais. Ils s'étaient rendus sur l'aérodrome de nuit par erreur et avaient été interpellés par une sentinelle. Ils avaient tué la sentinelle et aussi un officier qui était sorti. Ils avaient abandonné la voiture dans laquelle ils se trouvaient et étaient retournés à ce centre à pied. Le 22 juin au soir arrive le chef de la résistance au sud de Nantes. Je ne connais pas son nom mais il avait environ 45 ans, environ 1,73 m, bien bâti, le visage rouge, les cheveux couleur sable. Il semblait être un membre très actif. Il a ordonné que le drapeau soit retiré et a empêché les garçons de pointer éternellement une arme à feu chargée et armée l'un sur l'autre et de dire "Boom Boom", (ce qui m'a considérablement plu).
Le lendemain matin, le camp a été démonté. Nous devions nous diriger vers le sud sur environ 20 kms. Le chef de la résistance en avait décidé ainsi en raison de la proximité de l'incident à l'aérodrome. Avant de déménager ce soir-là, deux Français sont arrivés avec des instructions pour Harrowing et moi-même de déménager à Le Pellerin (N 9153). Nous l'avons fait à bicyclette, même si Harrowing n'avait pas de papiers. J'avais cependant envoyé une des photos de Harrowing à Kiki avec Louis demandant que les papiers soient envoyés dès que possible.
En chemin, nous nous sommes arrêtés pour boire un verre dans une maison à St Philbert –de-Grand-Lieu. Nous avons rencontré un jeune homme, le fils de la maison, dont j'ignore le nom. C'est un très bon type, environ 25 ans, 1,75 m, bien bâti et brun. C'est un cycliste très passionné et propriétaire du Café du vélo à Saint Philibert. Nous sommes arrivés à Le Pellerin vers 23 h 30 et avons été emmenés dans une grande maison à trois étages au bord de la rivière. L'arrière de la maison était occupé par des bureaux. Ici, nous avons rencontré le propriétaire et sa femme, deux filles et une femme de chambre. La fille aînée s'appelait Queline, ce que j'ai pris pour un diminutif de Jacqueline. Elle parlait bien l'anglais et l'allemand. Elle était une étudiante en médecine de Paris, âgée d'environ 20 ans, de taille moyenne, dodue avec des cheveux bruns. Nous avons été prévenus par elle qu'en cas de raid aérien, les officiers allemands pouvaient entrer dans la maison. On nous a donc montré où se cacher si cela se produisait. Elle a déclaré qu'elle avait réussi à obtenir des informations utiles des Allemands car elle était amicale avec eux. Elle était définitivement de la Résistance. Sa sœur avait 16 ans, et ces deux filles allaient toujours ensemble. Après un raid aérien, leur habitude était de sortir à bicyclette pour essayer de savoir si des aviateurs se cachaient dans les environs pour les aider.
Traduction E&E Report du F/Lt Boddington - ( On the following morning, another Frenchman, who appeared to be an employee arrived. His name was also Henri, and he took Harowing and myself on bicycles to a boat at approximately N 9054 (24 Jun). Here we found the chief of the resistance, whom we had met the night before, waiting for us. He told us we were going to the Maquis in the Departement of Morbihan, north of St Nazaire. We went via the Isle Sardine where we met F/O Warmington and two American (Fortress) aircrew who were shot down approximately 14 Jun whilst attacking a bridge at Nantes. Their names were 2Lt O'Brien (pilot) and S/sgt. Ziem (tail gunner) to the same aircraft. We also met an agent du Maquis named Henri the latter was about 30 years old ans was very short, also four Frenchmen who had escaped from forced labour in Germany. I would like to point out that place where we met was a quarter of a mile away from my previous hiding place, but neither resistance group knew that the other was using this island for their activities. From here we moved, that evening, by boat to the river bank, south of the village of Cordemais (N 8163). Here we RV with two Maquis who turned up in a covered truck which had pigs and straw in it. The five of us, Harrowing, Warmington, the two Americans and myself, got into this truck and were taken to a Maquis H.Q. near the village of Saffré (O 0586). Incidentally the two Americans told me that they had been contacted by Queline and her sister. This was a larger Maquis H.Q., consisting of 3-400 men, and better organised. It was housed in two farmhouses and outbuildings, with enough arms for 100 men. The locality was well guarded with personnel doing regular sentry duties. We were in the place three days. We were told that this was only a transit camp as far as we were concerned as we were moving on to the Morbihan area shortly. The Maquis employed their time by doing P.T., drill , and having the various firearms explained to them. These consisted of Sten guns, rifles, revolvers, automatics and hand grenades. They kept a constant lookout for aircraft and posted sentries. Here again firearms were carried loaded and cocked and on "fire". Whilst here one Frenchman shot himself in the shoulder whilst cleaning his revolver. Original) - (3348/78 – Partie VI - source : National Archives UK – Traduit par Ph Laroyenne):
Le lendemain matin, un autre Français, qui semblait être un employé, est arrivé. Il s'appelait aussi Henri, et il a emmené Harrowing et moi-même à bicyclette jusqu'à un bateau à environ N 9054 (24 juin). Nous y avons trouvé le chef de la résistance, que nous avions rencontré la veille, qui nous attendait. Il nous a dit que nous allions au Maquis dans le département du Morbihan, au nord de St Nazaire. Nous sommes passés par l'Ile Sardine où nous avons rencontré le F/O Warmington et deux équipages américains (Fortress) qui ont été abattus vers le 14 juin alors qu'ils attaquaient un pont à Nantes. Leurs noms étaient 2Lt O'Brien (pilote) et S/Sgt. Ziem (mitrailleur arrière) du même avion (42-107212). Nous avons aussi rencontré un agent du Maquis nommé Henri ce dernier avait environ 30 ans et était très petit, ainsi que quatre Français qui avaient échappé au travail forcé en Allemagne. Je voudrais souligner que l'endroit où nous nous sommes rencontrés était à un quart de mile de ma cachette précédente, mais aucun des groupes de résistance ne savait que l'autre utilisait cette île pour ses activités.
De là, nous nous sommes déplacés, ce soir-là, en bateau jusqu'au bord de la rivière, au sud du village de Cordemais (N 8163). Ici, nous avons RV avec deux hommes du Maquis qui sont arrivés dans un camion couvert qui contenait des cochons et de la paille. Nous cinq, Harrowing, Warmington, les deux Américains et moi-même, sommes montés dans ce camion et avons été conduits au QG du maquis. à proximité du village de Saffré (O 0586). Au passage les deux américains m'ont dit qu'ils avaient été contactés par Queline et sa sœur.
C'était un QG de Maquis plus grand, composé de 3 à 400 hommes, et mieux organisé. Il était logé dans deux fermes et dépendances, avec suffisamment d'armes pour 100 hommes. L’endroit était bien gardé avec des sentinelles effectuant des rondes régulières. Nous sommes restés sur place trois jours. On nous a dit que ce n'était qu'un camp de transit en ce qui nous concerne car nous allions bientôt nous diriger vers le Morbihan. Les Maquis employaient leur temps à faire du P.T., des « drills », et à se faire expliquer les différentes armes à feu. Il s'agissait de mitraillettes Sten, de fusils, de revolvers, d'automatiques et de grenades à main. Ils surveillaient constamment les avions et postaient des sentinelles. Là encore, les armes à feu étaient transportées chargées et armées et "prêtes à faire feu". Pendant que j’étais là, un Français s'est tiré une balle dans l'épaule en nettoyant son revolver.
Traduction E&E Report du F/Lt Boddington - ( On the evening of 27 Jun these FFI men arrived, who however proved to be members of the S.F. They consisted of two French Majors, one French Captain, one French Lieutenant and one American Captain. The American, whose name was Captain Wighton, told me that at the Maquis of Morbihan there were five members of a Stirling crew who had come up from a village south of Nantes, where they had been staying for six months. Harrowing had also heard this while in the Maquis at Lyon d'Or. These S.F. officers reposted the sentries in the camp. I gathered they had left Morbihan because it had been attacked by the Germans. The Morbihan Maquis were reputed to be 4-5000 strong, all well armed and had iniforms. Wighton stated that the Germans had used a division, employing tanks and white Russian troops in the attack, and had succeeded in dispersing the Maquis. It was pointed out to us that our move to Morbihan was therefore cancelled. Vigton told us that he would employ us pro tem as decoders and messengers from this H.Q. to his prposed radio sites. O'Brien and myself were taught the code. A message was sent to London that evening asking for uniforms and arms for 1000 men. Eventually an answer was received stating that the demand would be complied with on the night of 29 Jun 44. On the morning of 28 Jun we were awakened at dawn by the noise of machine gun and rifle fire. The Germans were attaking the Maquis. In my opinion the opposing force was not a large one. Every time, however, that a German showed himself the Maquis tactics appeared to be to turn from this direction to another, with the result that we were slowly being hemmed in. The five of us, none of whom was armed, and incidentally I was the sole possessor of identity papers, were with a party of forty including the members of the S.F. who had arrived the night before. I gathered that the S.F. men wanted to get away on their own, and I asked Wigton to tell me when he wanted to be rid of us, telling him that I would take our five away when he told me to do so. Original) - (3348/78 – Partie VII - APPENDIX - source : National Archives UK – Traduit par Ph Laroyenne):
Deux jours plus tard (26 juin), un camion est arrivé avec huit mitrailleuses Bren et quelques armes à feu étranges qui proviendraient du Morbihan. Pendant que j'étais ici, j'ai appris qu'ils attendaient la visite d'un officier de liaison des FFI (Force Française Intérieur). C'était un discours courant dans le maquis.
Le soir du 27 juin arrivèrent ces hommes FFI, qui se révélèrent pourtant être des membres de la S.F. Ils se composaient de deux majors français, un capitaine français, un lieutenant français et un capitaine américain. L'Américain, dont le nom était le capitaine Wigton, m'a dit qu'au maquis du Morbihan il y avait cinq membres d'un équipage de Stirling qui étaient venus d'un village au sud de Nantes, où ils étaient restés six mois. Harrowing avait également entendu cela au maquis de Lyon d'Or.
Ces officiers de S.F. ont replacé les sentinelles dans le camp. J'ai compris qu'ils avaient quitté le Morbihan parce qu'ils avaient été attaqués par les Allemands. Les Maquis du Morbihan étaient réputés pour avoir 4 à 5000 hommes, tous bien armés et portant des uniformes. Wigton a déclaré que les Allemands avaient utilisé une division, employant des chars et des troupes de russes blancs dans l'attaque, et avaient réussi à disperser le maquis. Il nous a été signalé que notre déménagement dans le Morbihan était donc annulé.
Wigton nous a dit qu'il nous emploierait temporairement comme décodeurs et messagers de ce Q.G. à ses sites de radio. O'Brien et moi avons appris le code. Un message a été envoyé à Londres ce soir-là demandant des uniformes et des armes pour 1000 hommes. Finalement, une réponse a été reçue indiquant que la demande serait satisfaite dans la nuit du 29 juin 44.
Le matin du 28 juin, nous avons été réveillés à l'aube par le bruit des tirs de mitrailleuses et de fusils. Les Allemands attaquaient le Maquis. À mon avis, la force d'opposition n'était pas grande. Cependant, chaque fois qu'un Allemand se montrait, la tactique du maquis semblait être de se détourner de cette direction vers une autre, de sorte que nous étions lentement encerclés. Nous cinq, dont aucun n'était armé, et d'ailleurs j'étais seul détenteur de papiers d'identité, étaient avec une quarantaine de personnes dont les membres de la SF qui était arrivé la veille. J'ai compris que les hommes S.F. voulaient s'en sortir seuls, et j'ai demandé à Wigton de me dire quand il voulait se débarrasser de nous, en lui disant que nous partitions quand il me le dirait.
Traduction E&E Report du F/Lt Boddington - ( About half an hour after the attack started wigton told me to push off on our own. The others agreed to do this and we succeeded in droping behind this party and turning away. When the opportunity accured, I feld that the German reserves were probably posted on the roads surronding the area, though I do not know how large the area was, not having been allowed to recce the position by the Maquis since our arrival and no plans were available. We decided, therefore, to make for the telegraph wires which I had seen and trusted this would bring us to a road, which once crossed, would mean we were through the German cordon round the area. We reached a point approximately 30 yards from what proved to be the road, when a German tommy gunner cried "Halt" and then as we moved back opened fire. Being on the outskirts of the wood we turned back and I saw Harrowing and Zien running in a different direction from us and disappearing in the woods and undergrowth. I never saw them again. We carried on parallel to the road, hidden in the wood, and attempted to cross the road again. At the second attempt we were met by three Tommy gunners who immediately opened fire. I ran straight back into the wood obtaining maximum cover, but the other two Warrington and O'Brien appeared to run across the line of fire on the edge of the wood. When I had cover from the wood I turned parallel to the road again and though I continued in this direction I did not see the other two members of my party again. I decided to try and find a suitable spot in which to hide myself and wait till the attack had petered out. I moved very cautiously for about an hour along the edge of this wood and eventually found a copse of young trees with undergrowth of ferns. Here I lay down to await results. I could hear shots and shouts all around me. The Germans seemed to be shouting "Halt" when everything was quiet and then they would fire a shot. I interpreted this as bluff on the Germans part. Any Frenchman being near and hearing "Halt" and a shot would think it referred to him, and get up to run, thereby giving his position away. I actually saw three Frenchmen being led away while I was hiding in this copse. I had the added excitement after about an hour of comparative quiet, of hearing what I took to be a large dog which I feared was searching, I could hear it crashing about in the undergrowth. Original) - (3348/78 – Partie VIII - APPENDIX - source : National Archives UK – Traduit par Ph Laroyenne):
Environ une demi-heure après le début de l'attaque, Wigton m'a dit de nous débrouiller par nous-mêmes. Les autres ont accepté de le faire et nous avons réussi à nous laisser distancer par ce groupe et à nous détourner. Lorsque l'occasion s'est présentée, j'ai estimé que les réserves allemandes étaient probablement postées sur les routes entourant la zone, bien que je ne connaisse pas l'étendue de la zone, n'ayant pas été autorisé à reconnaître la position par le maquis depuis notre arrivée et aucun plan n'était disponible. Nous avons donc décidé de nous diriger vers les fils télégraphiques que j'avais vu et j'avais confiance que cela nous amènerait à une route qui, une fois traversée, signifierait que nous étions à travers le cordon allemand autour de la zone.
Nous avons atteint un point à environ 30 mètres de ce qui s'est avéré être la route, lorsqu'un mitrailleur allemand a crié "Halte" puis, alors que nous reculions, a ouvert le feu. Étant à la périphérie du bois, nous avons fait demi-tour et j'ai vu Harrowing et Ziem courir dans une direction différente de nous et disparaître dans les bois et les sous-bois. Je ne les ai plus jamais revus.
Nous avons continué parallèlement à la route, cachés dans le bois, et tenté de retraverser la route. À la deuxième tentative, nous avons été accueillis par trois mitrailleurs qui ont immédiatement ouvert le feu. J'ai couru directement dans le bois pour obtenir une couverture maximale, mais les deux autres Warrington et O'Brien ont semblé traverser la ligne de feu à la lisière du bois. Une fois à couvert du bois, je tournai à nouveau parallèlement à la route et bien que je continuais dans cette direction, je ne revis plus les deux autres membres de mon groupe.
J'ai décidé d'essayer de trouver un endroit convenable où me cacher et d'attendre que l'attaque se soit calmée. Je me suis déplacé très prudemment pendant environ une heure le long de la lisière de ce bois et j'ai finalement trouvé un bosquet de jeunes arbres avec un sous-bois de fougères. Ici, je me suis allongé pour attendre les résultats. J'entendais des coups de feu et des cris tout autour de moi. Les Allemands semblaient crier « Halt » quand tout était calme, puis ils tiraient un coup de feu. J'ai interprété cela comme du bluff de la part des Allemands. Tout Français étant à proximité et entendant "Halt" et un coup de feu penserait qu'il se référait à lui, et se lèverait pour courir, révélant ainsi sa position. J'ai effectivement vu trois Français être emmenés alors que je me cachais dans ce bosquet. J'ai eu une excitation supplémentaire après environ une heure de calme relatif, d'entendre ce que je prenais pour un gros chien que je craignais de chercher, je pouvais entendre sa course dans les sous-bois.
Traduction E&E Report du F/Lt Boddington - ( This, however, proved to be a wild boar which dashed past me through the undergrowth, so near that I could have touched it. The noise of the boar, however, attracted the attention of the Germans two of whom stationed themselves in close proximity to where I was hidding. I had scraped a hole in the ground and proceeded to tear up the papers in my possession and bury them. The Germans were altogether too close I thought for them to fail to pick me up. After mid-day, when things had quietened down, I moved cautiously out in the direction from which I had come and parallel to the road, which was east. I climbed a tree to recce the position and continued in this direction till I came to a point when the road ran up once more on my own again. I decided to try and work once more to the Spanish border, my two experiences with the Maquis having convinced me that they were irresponsible bodies who did not wait for orders, as the French radio had advised, but were far too keen in knocking off the odd German. This eventually giving their position away to the German Intelligence, who took justifiable reprisals, which the Maquis, being comparatively untrained , were unable to resist affectively. Once out of the wood I headed North-East, my object being to make a circuit and avoid Riaillé (O 2786) and Candé (O 4691) where I had been told Gestapo agents were quartered. I was also avoiding the big town of Angers which I understood was a garrison town. My intention was to croo the Loire (P 2454) and head south to the Spanish border. My escape maps proved useful in deciding this route. I had gone about 12 kms and was by now very thirsty when I saw a boy working on an allotment at the head of the Grand Reservoir de Vioreau. I walked past him and sat down by the edge, hoping he would approach me, which he did. He asked me if I was Maquis, I said "English". He was very friendly and took me to the farm where he was working at O 1688. This boy's name was Paul Lege. Here I was fed. The owners, a brother and sister whose name were Louis and Maria Cadorel, the name of the village was Vioreau, told me that I could stay and rest as long as I liked. I took up my quarters in the house. They sent for a boy who was reputed to speak english and who duly turned up that night. He was an Engineering Student at a university in Paris. Original) - (3348/78 – Partie IX - APPENDIX - source : National Archives UK – Traduit par Ph Laroyenne):
Ceci, cependant, s'est avéré être un sanglier qui s'est précipité devant moi à travers les broussailles, si près que j'aurais pu le toucher. Le bruit du sanglier, cependant, attira l'attention des Allemands dont deux se postèrent à proximité de l'endroit où je me cachais. J'avais creusé un trou dans le sol et je me suis mis à déchirer les papiers en ma possession et à les enterrer. Je pensais que les Allemands étaient tout à fait trop proches pour qu'ils ne parviennent pas à me récupérer. Après midi, quand les choses se sont calmées, j'ai avancé prudemment dans la direction d'où j'étais venu et parallèlement à la route, qui était à l'est. J'ai grimpé à un arbre pour reconnaître la position et j'ai continué dans cette direction jusqu'à ce que j'arrive à un point où la route remontait de nouveau toute seule. J'ai décidé d'essayer d’aller une fois de plus jusqu'à la frontière espagnole, mes deux expériences avec les Maquis m'ayant convaincu qu'il s'agissait d'organismes irresponsables qui n'attendaient pas les ordres, comme le conseillait la radio française, mais tenaient beaucoup trop à tuer les d'allemand. Cela a finalement donné leur position aux services de renseignement allemands, qui ont exercé des représailles justifiées, auxquelles le maquis, relativement peu entraîné, n'a pas pu résister efficacement.
Une fois sorti du bois je me dirigeai vers le nord-est, mon but étant de faire un détour et d'éviter Riaillé (O 2786) et Candé (O 4691) où l'on m'avait dit que des agents de la Gestapo étaient cantonnés. J'évitais aussi la grande ville d'Angers dont j'avais compris qu'elle était une ville de garnison. Mon intention était de parcourir la Loire (P 2454) et de me diriger vers le sud jusqu'à la frontière espagnole. Mes cartes d'évasion se sont avérées utiles pour décider de cet itinéraire.
J'avais parcouru environ 12 km et j'avais maintenant très soif quand j'ai vu un garçon travailler sur un lotissement à la tête du Grand Réservoir de Vioreau. Je passai devant lui et m'assis près du bord, espérant qu'il s'approcherait de moi, ce qu'il fit. Il m'a demandé si j'étais maquisard, j'ai répondu « anglais ». Il était très sympathique et m'a emmené à la ferme où il travaillait à O 1688. Ce garçon s'appelait Paul Lege. Ici, j'ai été nourri. Les propriétaires, un frère et une sœur qui s'appelaient Louis et Maria Cadorel, le nom du village était Vioreau, m'ont dit que je pouvais rester et me reposer aussi longtemps que je le souhaitais. J'ai pris mes quartiers dans la maison. Ils ont fait venir un garçon qui était réputé parler anglais et qui s'est dûment présenté ce soir-là. Il était étudiant ingénieur dans une université à Paris.
Traduction E&E Report du F/Lt Boddington - ( His English, however, was worse than my french so we talked in French. His name was Marcel, aged about 23. The household included a brother to Paul named Georges, aged 16. His aunt Mme Le borgne, 6 rue de Chapliers, Nantes, a woman of 52 years of age, and M. and Mme Pineau, refugees from Clisson (O 2638) a very old couple. I was here for two days during which time Marcel wrote to his sister in Nantes and asked her for English cigarettes and chocolate. On 30 Jun a Maquis arrived asked if there were any other Maquis staying there. I was confronted with him by my hosts. I felt this was done as a probable check to my story. I recognised him as one of the group N.C.Os. He was aged about 30 and his name was Jean. He had a garbled story of what had taken place at the Maquis H.Q. when the Germans attacked. He returned early next morning (1 Jul) telling my hosts that the Germans were after me and that I should move to his house in a village on the other side of the Reservoir. Maria objected to this plan as he was wanted by the Gestapo, but she finally agreed that we should hide in the wood were she would feed us. On 2 Jul Paul, Jean and myself started off to the wood where we started building a lean-to. Jean and myself slept there that night. Jean left to go to his house and see his wife and returned late that night. He said it was dangerous in the forest and that he had contacted a doctor at Jove-sur-Erdre (O 1685) who would hide us both, also help me with my plan to reach Spain. This doctor was supposed to speak good English. We left for Jean's house that night (3 Jul) at 2330 hrs. We slept that night in a nearby farm. The doctor next day did not materialise and I realised that Jean was only wasting my time and keeping me hanging about in order to have company. He was a bad type, I caught him out in several lies and actually saw him beat a dog to death. On the following day I succeeded in leaving him and returning to Maria and Louis. On Sunday (9 Jul) Marcel's sister arrived from Nantes with another girl friend. The sister's name was Denise Rocheteau, chemin de la Jonnelierie, Pont du Cens, Nantes, and her friend's name was Jeannette. They seemed a sensible couple and I decided to ask them to go to Marguerite's house and tell her that they had seen me. This they did as a letter arrived for Marcel stating that he would be receiving visitors on Sunday (16 Jul). Original) - (3348/78 – Partie X - APPENDIX - source : National Archives UK – Traduit par Ph Laroyenne):
Son anglais, cependant, était pire que mon français, alors nous avons parlé en français. Il s'appelait Marcel, âgé d'environ 23 ans. Le ménage comprenait un frère de Paul nommé Georges, âgé de 16 ans. Sa tante Mme Le borgne, 6 rue de Chapliers, Nantes, une femme de 52 ans, et M. et Mme Pineau, réfugiés de Clisson (O 2638) un très vieux couple.
Je suis resté ici deux jours pendant lesquels Marcel a écrit à sa sœur à Nantes et lui a demandé des cigarettes anglaises et du chocolat. Le 30 juin, un maquisard est arrivé et a demandé s'il y avait d'autres maquisards qui y séjournaient. J'ai été confronté à lui par mes hôtes. Je sentais que cela avait été fait comme une vérification probable de mon histoire. Je l'ai reconnu comme l'un des sous-officiers du groupe. Il avait environ 30 ans et s'appelait Jean. Il avait une histoire déformée de ce qui s'était passé au QG du maquis lorsque les Allemands ont attaqué.
Il est revenu tôt le lendemain matin (1er juillet) en disant à mes hôtes que les Allemands étaient après moi et que je devais déménager dans sa maison dans un village de l'autre côté du réservoir. Maria s'est opposée à ce plan car il était recherché par la Gestapo, mais elle a finalement accepté que nous devions nous cacher dans le bois où elle nous nourrirait.
Le 2 juillet, Paul, Jean et moi-même sommes partis dans le bois où nous avons commencé à construire un appentis. Jean et moi y avons dormi cette nuit-là. Jean est partit pour aller chez lui voir sa femme et revint tard dans la nuit. Il m'a dit que c'était dangereux dans la forêt et qu'il avait contacté un médecin à Jove-sur-Erdre (O 1685) qui allait nous cacher tous les deux, m'aider aussi dans mon projet de rejoindre l'Espagne. Ce médecin était censé parler un bon anglais.
Nous sommes partis pour la maison de Jean cette nuit (3 juillet) à 23h30. Nous avons dormi cette nuit-là dans une ferme voisine. Le médecin du lendemain ne s'est pas présenté et je me suis rendu compte que Jean ne faisait que me faire perdre mon temps et me faisait traîner pour avoir de la compagnie. C'était un mauvais type, je l'ai surpris en train de mentir et je l'ai vu battre un chien à mort. Le lendemain, je réussis à le quitter et à retourner auprès de Maria et de Louis.
Dimanche (9 juillet), la sœur de Marcel est arrivée de Nantes avec une autre amie. La sœur s'appelait Denise Rocheteau, chemin de la Jonnelierie, Pont du Cens, Nantes, et son amie s'appelait Jeannette. Elles semblaient former un couple sensé et je décidai de leur demander d'aller chez Marguerite et de lui dire qu'ils m'avaient vu. C'est ce qu'elles ont fait lorsqu'une lettre est arrivée pour Marcel indiquant qu'il recevrait des visiteurs dimanche (16 juillet).
Traduction E&E Report du F/Lt Boddington - ( On Thursday (13 Jul), however, Kiki, Louis and Denise arrived. I repeated my intention of making for the spanish border and he (Kiki) again told me it was impossible. I was, however, to wait until Sunday, when Denise would return to take my photograph for another set of identtity papers. He asked me to wait until he received instructions from his chief before moving. On the Sunday (16 Jul) the two girle returned with cigarettes and tea and took away my photographs. On 17 Jul an agent du Maquis arrived, his name was Pierrot (phonetic spelling), I had met him whilst with the Maquis at Saffre. It appeared he had called before to see Louis, but I had never been told and he had not been told of my presence there. He was one of the Reception Committee and told me that the night of the attack (29 Jun) the supplies had been dropped by english aircraft without the requisite ground signals. He said that two containers had been collected by the Germans and it was surmised that the third container had been picked up members of the communist party. There wer three members of the Milice Française (French Gestapo) who had arrived at Saffre and were trying to discover the wereabouts of the third container. Pierot stated that the wounded from the German attack on the Maquis at Saffre, had been shot where they lay. He could give me no numbers. The Germans stated that 30 prisoners had been taken, 27 of them had been executed the same afternoon. He showed me a list of those executed at Nantes and number 12 on the list had no name, but a "B" against it. He felt sure that it was probably either an Englishman or an american. He said the Germans had taken official photographs of all the wounded and of those executed. The three remaining Maquis were being held for further questioning. Capt. Wigton it appeared had succeeded in evading the Germans and was now believed to be in Morbihan. The farms where the Maquis H.Q. were at Saffre had also been burned to the ground. Pierot stated that some of the Maquis had reformed and had hidden up in the Foret d'Ancenis (O 2588) they had, however, been attacked here again on 14 Jul losing another four of their members. I told Pierot that I thought it might be possible to get trough the lines once there was some mouvement in the north. He asked me, if I decided to make this attempt, to send for him. I saw Pierot once or twice again before I left this area. Original) - (3348/78 – Partie XI - APPENDIX - source : National Archives UK – Traduit par Ph Laroyenne):
Le jeudi (13 juillet), cependant, Kiki, Louis et Denise sont arrivés. J'ai répété mon intention de me diriger vers la frontière espagnole et il (Kiki) m'a encore dit que c'était impossible. Je devais cependant attendre dimanche, quand Denise reviendrait me prendre en photo pour un autre jeu de papiers d'identité. Il m'a demandé d'attendre d'avoir reçu des instructions de son chef avant de me déplacer. Le dimanche (16 juillet), les deux filles sont revenues avec des cigarettes et du thé et ont emporté mes photographies.
Le 17 juillet arrive un agent du Maquis, il s'appelle Pierot (orthographe phonétique), je l'avais rencontré au Maquis de Saffre. Il semblait qu'il avait appelé auparavant pour voir Louis, mais je n'avais jamais été prévenu et il n'avait pas été prévenu de ma présence là-bas. Il faisait partie du comité de réception et m'a dit que la nuit de l'attaque (29 juin) les fournitures avaient été larguées par des avions anglais sans les signaux au sol requis. Il a dit que deux conteneurs avaient été ramassés par les Allemands et il a été supposé que le troisième conteneur avait été ramassé par des membres du parti communiste. Il y avait trois membres de la Milice Française (Gestapo française) qui étaient arrivés à Saffre et essayaient de découvrir les allées et venues du troisième conteneur. Pierrot a déclaré que les blessés de l'attaque allemande contre le maquis de Saffre avaient été abattus là où ils se trouvaient. Il n'a pas pu me donner de chiffres. Les Allemands ont déclaré que 30 prisonniers avaient été faits, 27 d'entre eux avaient été exécutés le même après-midi. Il m'a montré une liste des personnes exécutées à Nantes et le numéro 12 sur la liste n'avait pas de nom, mais un « B » en regard. Il était sûr qu'il s'agissait probablement soit d'un Anglais, soit d'un Américain. Il a dit que les Allemands avaient pris des photographies officielles de tous les blessés et des personnes exécutées. Les trois maquisards restants étaient détenus pour un nouvel interrogatoire. Le capitaine Wigton, semblait-il, avait réussi à échapper aux Allemands et on croyait maintenant qu'il se trouvait dans le Morbihan. Les fermes où siège le Maquis. étaient à Saffré avaient également été incendiés. Pierot a déclaré que certains des maquis s'étaient reformés et s'étaient cachés dans la forêt d'Ancenis (O 2588). Ils y avaient cependant été à nouveau attaqués le 14 juillet perdant encore quatre de leurs membres.
J'ai dit à Pierot que je pensais qu'il serait possible de traverser les lignes une fois qu'il y aurait du mouvement dans le nord. Il m'a demandé, si je décidais de faire cette tentative, de le faire venir. J'ai revu Pierot une ou deux fois avant de quitter cette région.
Traduction E&E Report du F/Lt Boddington - ( On 23 Jul Denise and Jeannette turned up, they said that Kiki had my papers, but was bringing them out personally. They also told me that Sgt. Harrowing and two Americans, whose names they did not known, were safe and hiding in a farm near Haute Indre. Kiki had found them and was looking after them. I sent a message to Kiki stressing the urgency of my papers, adding that I intended moving north shortly and asking him to hold Harrowing where he was until I sent for him and that he was on no account to send Harrowing south across the Loire. I knew that Kiki did not favour my going north. He was insistent that I should evacuate south, hence this message. On 27 Jul Denise and her mother arrived to stay a week with Marcel at the farm. She again brought no papers and repeated the message from Kiki, that he would be bringing them himself. We were without a wireless as the electricity had been cut off, so that all news was "rumoured". On 31 Jul Denise went home to try and get my papers. On 1 Aug 44 Denise and Jeannette returned without papers and told me that Kiki had sent Harrowing south of the Loire without my papers , location unknown. He sent a message to say that I was on no account to move north and that he would be coming to fetch me. I sent back a message with Jeannette to say that I wanted my papers immediately. We had heard a strong rumour that the Americans had broken through at Coutances and St Lo. On 3 Aug Denise and her mother returned to Nantes. On 4 Aug we were constantly told that the americans had reached Rennes. The B.B.C., however, stated (the wireless was working again) that the Americans were at Avranches. The locale, however, insisted on celebrating, hanging out flags, drinking etc...I was for the first time, introduced to other neighbours, there being no Germans in the immediate vicinity. There were German troops, however, in a village across the Reservoir. This was unknown to us during the celebrations. That night machine gun fire was heard and the following morning an eye-witness came in saying that the Germans had been fighting with each other between Voue-sur-Erdre (O 1785 and Riaillé (O 2787) and had left eight dead behind. On the morning of 5 Aug I started north by bicycle with Louis who was going to accompany me to the outskirts of Chateaubriand (J 2308). When we got there we heard the Germans had already left and on going into the centre of the town I found an American captain and 30 men. I left Louis here. The American captain told me Chateaubriand was only lightly held and unsafe and he put me in a Jeep and I was driven immediately to Rennes, where I went to Civil Affairs. They took me to C.I.C. I slept that night in Rennes. I was unable to find I.S.9 which I was anxious to do in order to pass on operational information.Original) - (3348/78 – Partie XII - APPENDIX - source : National Archives UK – Traduit par Ph Laroyenne):
Le 23 juillet, Denise et Jeannette sont arrivées, elles ont dit que Kiki avait mes papiers, mais les guardait personnellement. Ils m'ont aussi dit que le Sgt Harrowing et deux Américains, dont ils ignoraient les noms, étaient en sécurité et se cachaient dans une ferme près de Haute-Indre. Kiki les avait trouvés et s'occupait d'eux. J'ai envoyé un message à Kiki soulignant l'urgence de mes papiers, ajoutant que j'avais l'intention de me déplacer vers le nord sous peu et lui demandant de tenir Harrowing où il était jusqu'à ce que je l'envoie chercher et qu'il ne devait en aucun cas envoyer Harrowing vers le sud à travers la Loire. Je savais que Kiki n'était pas favorable à ce que je parte vers le nord. Il insistait pour que j'évacue vers le sud, d'où ce message.
Le 27 juillet, Denise et sa mère sont arrivées pour rester une semaine avec Marcel à la ferme. Elle n'a de nouveau apporté aucun papier et a répété le message de Kiki, qu'il les apporterait lui-même. Nous étions sans radio car l'électricité avait été coupée, de sorte que toutes les nouvelles faisaient l'objet de "rumeurs". Le 31 juillet, Denise est rentrée chez elle pour essayer d'obtenir mes papiers.
Le 1er août 44, Denise et Jeannette sont revenues sans papiers et m'ont dit que Kiki avait envoyé Harrowing au sud de la Loire sans mes papiers, lieu inconnu. Il a envoyé un message pour dire que je ne devais en aucun cas me déplacer vers le nord et qu'il viendrait me chercher. J'ai renvoyé un message à Jeannette pour dire que je voulais mes papiers immédiatement. Nous avions entendu une forte rumeur que les Américains avaient percé à Coutances et Saint-Lô. Le 3 août, Denise et sa mère rentrent à Nantes.
Le 4 août, on nous disait constamment que les américains avaient atteint Rennes. La BBC, cependant, a déclaré (la radio fonctionnait à nouveau) que les Américains étaient à Avranches. Les locaux, cependant, ont insisté pour faire la fête, accrocher des drapeaux, boire, etc. J'ai été pour la première fois présenté à d'autres voisins, il n'y avait pas d'Allemands dans les environs immédiats.
Il y avait cependant des troupes allemandes dans un village de l'autre côté de Réservoir. Cela nous était inconnu pendant les célébrations. Cette nuit-là, des tirs de mitrailleuses se sont fait entendre et le lendemain matin, un témoin oculaire vient dire que les Allemands se sont battus entre Voue-sur-Erdre (O 1785) et Riaillé (O 2787) et ont fait huit morts.
Le matin du 5 août je partis vers le nord à vélo avec Louis qui allait m'accompagner jusqu'aux abords de Chateaubriand (J 2308). Quand nous sommes arrivés là-bas, nous avons appris que les Allemands étaient déjà partis et en entrant dans le centre de la ville, j'ai trouvé un capitaine américain et 30 hommes. J'ai laissé Louis ici. Le capitaine américain m'a dit que Chateaubriand n'était que légèrement tenu et dangereux et il m'a mis dans une jeep et j'ai été conduit immédiatement à Rennes, où je suis allé aux affaires civiles. Ils m'ont emmené au C.I.C.. J'ai dormi cette nuit-là à Rennes. Je n'ai pas pu trouver I.S.9 ce que je tenais à faire pour transmettre des informations opérationnelles.
Traduction E&E Report du F/Lt Boddington - ( The following day (6 Aug) I eventually contacted S.F. in the evening and gave them an outline statment of my story. The next day (7 Aug) S.F. gave me a lift to Coutances in company with Capt. Nelson. From Coutances we hitche-hicked to La Moiny (T 6677) and stayed there at the air strip that night. Next morning we were flown to a British airstrip near Bayeux where we contacted I.S.9.
Appendum : French people are always anxious to obtain photographs of evaders in a family group in order to keep them as souvenirs. Copies are offered to evaders. I consider this most dangerous to the families concerned. An exemple of this was F/O Warmington who had such photographs in his possession whilst with the Maquis at Saffré.
He was found at this farm by Queline and she took him to the Isle de Sardine.
Original
) - (3348/78 – Partie XIII - APPENDIX - source : National Archives UK – Traduit par Ph Laroyenne):
Le lendemain (6 août), j'ai finalement contacté S.F. dans la soirée et leur ai donné un résumé de mon histoire. Le lendemain (7 août) S.F. m'a conduit à Coutances en compagnie du capitaine Nelson. De Coutances, nous avons fait du stop jusqu'à La Moiny (T 6677) et y sommes restés sur la piste d'atterrissage cette nuit-là. Le lendemain matin, nous avons été transportés vers une piste d'atterrissage britannique près de Bayeux où nous avons contacté I.S.9.
Les Français sont toujours soucieux d'obtenir des photographies d'évadés dans un groupe familial afin de les garder en souvenir. Des copies sont offertes aux évadés. Je considère cela très dangereux pour les familles concernées. Un exemple de ceci était le F/O Warmington qui avait de telles photographies en sa possession alors qu'il était avec le Maquis à Saffré.
Il a été trouvé dans cette ferme par Queline et elle l'a emmené à l'Ile de Sardine.

Traduction E&E Report du Sgt Harrowing - ( On 19 Jul we moved back to M. Lebrun's house at Le Pellerin. After three days we moved to the Island Le Maire (?) (N 8159). We stayed at this farm until 22 Aug. M. Tryeux had told me that one of the F.F.I. boys had been taken by the Germans in Le Pellerin on 20 Aug and he was afraid he might be made to talk. He therefore advised me to leave for the other bank. I succeeded Nantes on 23 Aug. From the C.I.C. there I was sent to chateaubriand, Rennes and Bayeux, where I eventually reached I.S.9 (W.E.A.) on 31 Aug 44.
On the evening of 12 Jun 44 I was collected from a part approximately (O 0146) and taken to a small Maquis south of Philbert (N 9734), arriving there on 13 Jun. I stayed with this Maquis for about ten days, during which time F/Lt. Boddington (E & E 2/17) had arrived. On 24 Jun we bicycled through Le Pellerin (N 9153) and stayed a night with M. and Mme. Lebrun who had a daughter called Jacqueline. We continued the next day (25 Jun) to Belle Isle (not shown on map) where we ( Boddington and myself) met F/O Warmington and two Americans. That evening we were moved to another Maquis at Saffré (O 0586), which was larger than the first. Early on the morning of 23 Jun we were attacked by the Germans. On separating from F/Lt. Boddington, S/Sgt. Ziem and I remained hidden inthe undergrowth for three days? Capt. Vigton (?) left us on the second night and shortly afterwards we heard firing. At about 2330 hrs on 1 Jul I heard what I took to be a Lancaster aircraft circling the Maquis stronghold. I heard that containers had been dropped and picked up by the Germans. We moved from our hiding place that night and made our way due north out of the wood. We obtained food from farm-houses, stating that we were British airmen, and made our way back to Le Pellerin, which we reached three days later. We were house for approximately three days by M. Lebrun, moving on 4 Jul to a nearby farm on an island (Le Maire ?), approximately at N 8159, our guide being M. Trayeux who lives in Le Pellerin. We stayed at this farm for about ten days and left because of careless talk in the village, for a farm at Cheix (N 8851) where we stayed for five days, our host being a man called Pierre, about 50, with a wife, and a son about 19/20 years old.
Original
) - (3350/1226 - APPENDIX - source : National Archives UK – Traduit par Ph Laroyenne):
Le soir du 12 juin 44 je fus recueilli dans une région (environ O 0146)) et conduit dans un petit maquis au sud de St-Philbert (N 9734), y arrivant le 13 juin. Je restai avec ce maquis une dizaine de jours, durant lesquels temps le F/Lt. Boddington était arrivé.
Le 24 juin, nous avons traversé Le Pellerin (N 9153) à vélo et avons passé une nuit chez Mr et Mme. Lebrun qui avait une fille nommée Jacqueline. Nous avons continué le lendemain (25 juin) jusqu'à Belle Isle (non indiquée sur la carte) où nous (Boddington et moi-même) avons rencontré le F/O Warmington et deux Américains. Ce soir-là, nous avons été transférés dans un autre Maquis à Saffré (O 0586), plus grand que le premier.
Tôt le matin du 23 juin, nous avons été attaqués par les Allemands. En se séparant du F/Lt. Boddington, S/Sgt. Ziem et moi sommes restés cachés dans les sous-bois pendant trois jours. Le capitaine Wigton nous a quittés la deuxième nuit et peu de temps après, nous avons entendu des coups de feu.
Vers 23 h 30 le 1er juillet, j'ai entendu ce que j'ai pris pour un avion Lancaster décrivant des cercles au-dessus du camp du Maquis. J'ai entendu dire que des conteneurs avaient été largués et ramassés par les Allemands. Nous avons quitté notre cachette cette nuit-là et nous sommes dirigés vers le nord hors du bois. Nous avons obtenu de la nourriture dans des fermes, déclarant que nous étions des aviateurs britanniques, et nous sommes retournés à Le Pellerin, que nous avons atteint trois jours plus tard. Nous avons été hébergés environ trois jours par Mr Lebrun, déménageant le 4 juillet dans une ferme voisine sur une île (Le Maire ?), environ au N 8159, notre guide étant Mr Trayeux qui habite Le Pellerin.
Nous sommes restés une dizaine de jours dans cette ferme et sommes partis à cause de bavardages dans le village, pour une ferme à Cheix (N 8851) où nous sommes restés cinq jours, notre hôte étant un dénommé Pierre, la cinquantaine environ, avec une femme, et un fils d'environ 19/20 ans.
Le 19 juillet, nous retournâmes chez Mr Lebrun à Le Pellerin. Au bout de trois jours nous nous sommes déplacés vers l'Ile Le Maire (?) (N 8159). Nous restâmes dans cette ferme jusqu'au 22 août. Mr Trayeux m'avait dit qu'un des garçons des F.F.I. avaient été emmenés par les Allemands à Le Pellerin le 20 août et il avait peur qu'on le fasse parler. Il m'a donc conseillé de partir pour l'autre rive. J'ai atteint Nantes le 23 août. Du C.I.C. là, je fus envoyé à Chateaubriand, Rennes et Bayeux, où j'atteignis finalement l'I.S.9 (W.E.A.) le 31 août 44.
(A NOTER : les indication de lieu (X 0000), après les noms de localité, sont les références à utiliser avec le Traducteur de Coordonnées accessible depuis les Utilitaires du Menu Documentation - Ajouter devant la ou les lettres trouvées dans les grilles, pour obtenir xX0000)


Droits d'auteur, pour le concept du programme, enregistrés, www.copyrightdepot.com sous le numéro 00051925 -
Explications par passage du curseur sur les menus - English translation by passage of the cursor (toolstips) - Fonds d'écran : www.malysvet.net