Crash du Whitley - Mk.V - s/n P4950 EY°?
Fiche France-Crashes 39-45 modifiée le 31-07-2020
Date Nation Département Unité - Mission
28-12-1940 Angleterre/Common. Côtes d-Armor 78 Sq RAF Attaque Base sous-marine Lorient (56)
Localisation Lanvollon - 20 km NO St-Brieuc
Circonstances Inconnues (probablement flak) - Avion évacué en flammes
Commentaires Décollage 16h04 le 28 de Dishforth, North Yorkshire UK
Sources J-L Maillet (sources: Lost bombers / CWGC) / National Archives UK-Operations record bookORB
Historique 22/01/2011=Création - 02/07/2015=Ajout lien - 31/07/2020=Ajout résumé
Grade Prenom Nom Poste Corps Etat Lieu d'Inhumation Commentaires
Sgt L A Beckett Rad/M RAF Prisonnier 905999 - Pow 419 Camp 357
P/O J B T Loudon CoP RAF Prisonnier 84305 - Pow 471 Camp L3
Sgt A J McMillan Mit RAF Prisonnier 653055 - Initialement évadé, est arrêté le 22/9/1941 - Pow 841 Camp 357
Sgt Arnold John Mott Pil RAF VR Evadé Né le 12/05/1916 - Fils de Arthur et Florence Mary (Barnes) Mott - Evasion par Pyrénées/Espagne/Gibraltar - Rapport d'évasion WO208/3307/49-607
Sgt E W Wilmore Obs RAF Prisonnier 747722 - Pow 453 Camp 357
Fiche tech Correspondance grades Abréviations utilisées Filières d'évasion Camps de Pow Bases RAF/USAAF Utilitaires
Résumé du rapport d’évasion WO 208/3307/607 par J-L Maillet (source: Archives Nationales de Kew):
Parcours

Le Sgt Mott rappelle tout d’abord les conditions d’évacuation de l’appareil en flammes par son équipage qui saute à basse altitude entre 1200 et 600 pieds (1).
Trois hommes sont immédiatement faits prisonniers: le P/O Louden qui est arrêté pendant qu’un français lui bandait la cheville blessée à la réception, le Sgt Beckett secouru par un fermier qui lui donne boisson et nourriture … avant de le laisser aux mains des allemands et le Sgt Willmore capturé dès son atterrissage.
Le Sgt McMillan parvient à s’échapper. Nous le reverrons plus loin. L’épave va brûler pendant quatre heures.
Le Sgt Mott est caché dans Lanvollon mais doit être évacué dès le lendemain à Kerity près de Paimpol où il cherche vainement un bateau. Il y reste deux jours puis redescend sur St-Brieuc par Plouerzec (le 31 décembre) et Plehedel (le 1er janvier où on lui donne des vêtements civils).
Repassant vers Lanvollon, il remarque : « j'ai vu des camions allemands chargés de morceaux de l’épave dont on m'a dit qu'ils étaient tout ce qu'ils ont pu collecter, car les gens avaient déjà fouillé les débris ».
De St-Brieuc, il rejoint Nantes le 3 janvier. Là, il est hébergé par le couple Delavigne (2). Au cours de ce mois de janvier, il retrouve son équipier McMillan, arrivé par la même filière et caché dans une autre famille. Les époux Delavigne lui feront changer quatre fois de planque pendant les neuf mois d’attente au cours desquels il cherchera toujours une embarcation pour rejoindre la Grande-Bretagne.
Resté en contact avec son mitrailleur tout au long de ces mois d’attente, Mott apprend le 25/09/1941 qu’il a été arrêté trois jours auparavant avec son hébergeur, madame Flavet (3).
L’étau se resserre autour de lui et de la famille Delavigne qui avait entre temps préparé sa fuite vers le sud et la zone non occupée.
Dès le 26, accompagné d’un guide (4), il prend le train pour Bordeaux et se retrouve à St-Sulpice-de-Pommiers (3 km Au SO de Sauveterre-de-Guyenne dans « l’Entre-Deux-Mers » en Gironde) où passe la ligne de démarcation. Mott la franchit une semaine plus tard - le 3 octobre - et dès le lendemain il est à Toulouse.
Le 12 octobre, il remonte la vallée de l’Ariège via Ax-les-Thermes, franchit le col de Puymorens et passe dans les Pyrénées-Orientales où il bascule en Espagne du côté de Latour-de-Carol.
Barcelone le 15 octobre - où le Consul de Grande-Bretagne le dirige sur l’ambassade à Madrid. Là, il confie à l’attaché de l’air de l’ambassade un plan sur tout le système d'alimentation électrique du sud de la Bretagne.
Gibraltar le 14 novembre qu’il quitte le 13 décembre en
Short Sunderland - Photo fr.wikimédia.org
Short Sunderland
. Arrivé à Pembroke Dock (base du Coastal Command au Pays de Galles) le 15 décembre après pratiquement un an d’absence.
Mott poursuit son rapport en donnant son avis sur les délais trop longs de rapatriement des évadés depuis Gibraltar. Même s’il admet qu’il ne peut y avoir un vol tous les jours, il constate que si certains avaient moins de bagages (il fixe le maximum à 30 livres), il y aurait plus de passagers… Il termine ses reproches en objectant l’argument - sans doute avancé à Gibraltar - selon lequel, pour des raisons de sécurité, le nombre de passagers par appareil est limité car un seul dinghy de sauvetage est embarqué, qu’il suffirait d’en mettre deux…
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(1) Le rapport ne précise pas si le crash se produit au vol aller ou retour. Quel que soit le cas, on est en hiver et l’évacuation se produit de nuit, entre 19 h et 21 h (heure française de l’occupation)
(2) Mott ne cite pas le nom de ses hébergeurs à Nantes, ni ceux de McMillan. Au moment des faits, Adrien et Joséphine Delavigne habitent boulevard de l’Amiral Courbet. Ils sont arrêtés par la Gestapo une 1e fois le 05/03/1942, emprisonnés à Bordeaux pendant plusieurs mois puis relâchés. Ils reprennent leurs activités de résistance (Madame Delavigne est citée comme membre de la filière Marie-Odile) et sont de nouveau arrêtés en septembre 1943. Adrien est déporté le 22/03/1944 (convoi I.191) et décède à Gusen (un satelitte de Mauthausen) le 19/01/1945 à 61 ans - Mort pour la France. Joséphine déportée à Ravensbrück (convoi I.185) le 02/03/1944 en reviendra.
Après guerre, Mott restera toujours en contact avec Mme Delavigne dont il devint très proche. Le Sq/L Arnold Mott décède en 2002. « The Telegraph » qui lui consacre alors un article précise qu’il avait fait de Lesconil et de la Bretagne une résidence secondaire et, par ailleurs, qu’il avait hérité de la maison des Delavigne.
(3) Andrée Linyer, veuve de Gaston Flavet, habite rue Bertrand Geslin (dernière adresse notée sur son acte de décès transcrit en 1946). Elle est envoyée dans une prison à Cologne, dans le pénitencier de Lubeck-Lauerhof, puis dans la prison des femmes de Cottbus, et enfin au camp de Ravensbrück (liste) où elle décède à 60 ans le 13/01/1945, Mort pour la France.
D’autres membres du réseau sont également arrêtés dont Marcel Hevin, Mort pour la France, fusillé au Mont Valérien le 22/10/1941. C’est lui qui avait conduit Mott et McMillan de St-Brieuc à Nantes.
(4) Son guide est un résistant de nationalité polonaise, Stanislas Ryps, couvreur à Nantes. Il sera arrêté quelques mois plus tard et fusillé le 12/09/1942 au camp de Souge (commune de Martignas-sur-Jalle - Gironde)
Les archives du Service Historique de la Défense conservent les dossiers du couple Delavigne, de madame Flavet et de ses deux filles (Louise et Nicole) pour faits de Résistance au sein du réseau Jade Fitzroy de Claude Lamirault (CL).
Le dossier de Marcel Hévin le cite au sein du réseau CDLL et Résistance Fer.

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Sources pour John Mott : theescapeline.blogspot.com et www.telegraph.co.uk
Sources pour les époux Delavigne : enguerres.chateaunantes.fr et chsprod.hypotheses.org
Source pour la famille Flavet : famillesdevendee.fr
Source pour Stanislas Ryps : www.fusilles-souge.asso.fr
Source des convois de déportation des époux Delavigne : www.bddm.org

Photo Sgt Mott sur www.unithistories.com (Lien transmis par Claude Dannau)

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